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Nouveaux OGM, les NBT alimentent la polémique !

Depuis les années 2000, les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) ont alimenté la polémique notamment en France, avec d’une part les partisans (meilleurs rendements, utilisation moindre de pesticides (???), d’autre part les opposants en raison des craintes sur l’alimentation humaine avec les céréales (maïs, soja,  blé, ..etc)  et la viande des animaux nourris aux OGM.

L’UFC-Que Choisir s’est rarement positionnée sur cette question, mais le doute existant sur l’innocuité de ces manipulations génétiques, notre association a surtout  œuvré à l’information des consommateurs pour un étiquetage obligatoire des produits issus de la culture/élevage aux OGM.

OGM classiques et NBT : deux techniques différentes

Le patrimoine génétique d’un organisme vivant est porté par son génome, constitué d’une longue molécule d’ADN (ou d’ARN pour certains virus). Cette dernière est composée de « briques », les nucléotides, et agencée en deux brins complémentaires : un gène, qui code pour un caractère ou une fonction, est une petite partie de cet ADN. Les premiers OGM sont nés dans les années 1970, il s’agissait de bactéries. Dans les années 1990, les cultures transgéniques ont fait leur apparition d’abord en Amérique du Nord.

Les OGM classiques sont modifiés par transgenèse. Autrement dit, un gène d’une autre espèce (transgène) est introduit dans le génome de l’organisme à améliorer. Mais on ne maîtrise pas à quel endroit de l’ADN il s’insère. Il faut utiliser un « vecteur » (en général une bactérie) pour l’introduire dans la cellule. Des bouts d’ADN de virus ou de bactérie, accolés au transgène, sont eux aussi insérés dans l’ADN cible. Ils localisent ce gène et en permettent la « lecture ».

Les NBT (Nouvelles  Techniques de modification génétique ou « New Breeding Technologies »)
n’insèrent pas de gène étranger dans l’ADN de l’organisme. Elles peuvent en modifier ou en supprimer une petite séquence en intervenant directement sur ses nucléotides. Parmi ces techniques, le « ciseau génétique » Crispr-Cas9, mis au point en 2016, est le plus utilisé. Un bout d’ARN repère l’endroit précis du génome à modifier et y guide une enzyme Cas9, qui va couper le brin d’ADN. Lors de la réparation de ce dernier par la cellule, des mutations ou des insertions de nucléotides peuvent se produire, modifiant ou inactivant le gène ciblé.

Que va décider l’Europe ?
La réglementation européenne qui sera révisée en 2023 encadrera-t-elle aussi strictement les NBT que les OGM classiques ?
Les acteurs (favorables et opposés) ne manqueront pas de faire entendre leur voix, et le moment venu l’UFC-Que Choisir émettra ses recommandations.

Notre position :  les consommateurs sont en droit de savoir, et de choisir ce qu’ils mangent et la façon dont leurs aliments ont été produits. Analyse ou pas, une traçabilité documentaire est toujours possible, comme pour le bio.
Un étiquetage à l’attention des consommateurs serait donc envisageable, mais la volonté politique semble faire défaut.

Plus d’informations : Que Choisir de juin 2022 ou https://www.quechoisir.org/enquete-nouveaux-ogm-les-nbt-alimentent-la-polemique-n101208/ [accès payant]

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